
Je m’appelle Yibing Wang et suis enseignante au Département d’économie de l’International Business School de Chongqing Technology and Business University (CTBU) en Chine. J’ai été étudiante dans cette même institution et j’y enseigne depuis plus de dix ans. J’ai obtenu ma licence en Monnaie et Finance à l’Université de Toulouse en France, puis j’ai poursuivi mes études à l’Université Paris Nanterre où j’ai décroché un master en Gestion d’Actifs. Mes recherches se concentrent sur le domaine de l’économie appliquée et j’enseigne actuellement des cours tels que le « Calcul infinitésimal » et les « Statistiques ».
Je suis profondément convaincue que l’essence de l’éducation réside dans « allumer un feu par un autre feu », dont le but fondamental est de stimuler la motivation intrinsèque et la passion pour l’exploration chez les étudiants et étudiantes. En dehors de la salle de classe, je m’épanouis dans la création culinaire et je me ressource au contact de la nature lors d’activités de plein air. Ces deux passions insufflent constamment une vitalité renouvelée à mon enseignement et à mes recherches.
Entretien
- Quelles sont, selon vous, les principales retombées linguistiques et culturelles de la participation des étudiantes et étudiants chinois à l’École d’été en français des affaires à HEC Montréal ?
En participant à ce programme, les étudiantes et les étudiants chinois ont non seulement considérablement amélioré leurs compétences pratiques en français, particulièrement dans l’application intégrée de l’écoute, de l’expression orale, de la lecture et de l’écriture en contexte commercial, mais ils ont également vécu une immersion culturelle dans l’atmosphère sociale et la culture des affaires de la province francophone du Québec. Toutes et tous ont progressivement compris les coutumes et les valeurs du monde des affaires local, élargissant ainsi leurs perspectives internationales et renforçant leur confiance dans la communication interculturelle.
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la richesse des expériences d’apprentissage en contexte offertes par ce programme. J’ai accompagné les étudiantes et les étudiants chinois dans des visites incluant un café communautaire à but non lucratif, le musée d’art contemporain où sont créées des œuvres à partir de carton, ainsi que la Biosphère de Montréal. Ces activités ont non seulement mis en lumière de manière vivante la profonde culture environnementale locale et les concepts de développement durable, mais ont aussi naturellement intégré l’apprentissage du français dans des scènes sociales authentiques.
C’est précisément cette approche pédagogique qui fusionne étroitement la formation linguistique avec la culture locale et les enjeux sociétaux qui fait de l’École d’été en français des affaires (EEFA) bien plus qu’un simple stage linguistique : Ce n’est pas juste un cours de français – c’est une vraie aventure humaine et interculturelle !
- En quoi le programme intensif de quatre semaines contribue-t-il au développement des compétences en de vos étudiantes et étudiants ?
Le programme de quatre semaines est très intense et bien structuré, avec des cours concrets qui donnent des résultats rapides. Entre les immersions linguistiques et les mises en situation fréquentes, les étudiantes et étudiants gagnent vraiment en fluidité et apprennent à s’exprimer avec précision dans un contexte professionnel.
Et ce n’est pas tout : grâce aux travaux de groupe, aux études de cas et aux présentations, ils développent aussi leur esprit d’équipe, leur raisonnement et leur aisance à prendre la parole en public.
Au final, une langue, ça vit ! L’avantage de cette formation, c’est justement qu’elle ne reste pas entre les quatre murs d’une salle de classe. On emmène les étudiants et les étudiantes directement sur le terrain : dans les entreprises de Montréal, ses musées, ses quartiers typiques…
C’est là que la magie opère : c’est au fil des dialogues avec les chefs d’entreprise, des échanges avec les guides des musées et des explorations urbaines que les étudiants et les étudiantes voient progresser – presque inconsciemment – leurs capacités d’écoute, d’expression, de compréhension et d’analyse contextuelle. Cette immersion constitue une méthode d’apprentissage du français exceptionnellement efficace.
- Comment décririez-vous la progression des étudiantes et étudiants entre le début et la fin du programme ?
Au début du programme, beaucoup d’étudiantes et d’étudiants étaient un peu perdus avec le français professionnel et la nouvelle culture. Certains avaient même le mal du pays à cause du dépaysement entre la Chine et le Canada.
Cependant, vers la fin du séjour, ce qui s’est passé fut vraiment remarquable ! Leur français est devenu plus naturel et précis, mais le plus important c’est que toutes et tous comprenaient beaucoup mieux la culture locale et n’hésitaient plus à aller vers les autres. On les voyait gagner en confiance et en maturité jour après jour.
En seulement quatre semaines, ce programme a permis aux étudiantes et étudiants de s’adapter efficacement à un environnement étranger et a posé des bases solides pour la poursuite éventuelle de leurs études au Canada.
Pour celles et ceux qui envisagent des études à long terme à l’étranger, cette expérience constitue une transition idéale – un « atterrissage en douceur » qui les prépare aux réalités académiques et culturelles occidentales, réduisant significativement les chocs et risques liés à une immersion directe.
- Quels aspects du partenariat entre votre université et HEC Montréal vous semblent particulièrement bénéfiques pour les étudiantes et étudiants ?
La collaboration entre CTBU et HEC Montréal va bien au-delà d’un simple programme d’échanges. Elle constitue une plateforme internationale immersive, riche et impactante pour le développement de notre communauté étudiante.
Grâce à ce partenariat, les étudiantes et étudiants ont un « accès direct » aux théories et études de cas les plus innovantes de l’enseignement nord-américain, particulièrement dans des domaines comme la gestion financière, le marketing ou la stratégie internationale. Cela leur permet de constuire une vision moderne des affaires, à la croisée des approches orientales et occidentales.
L’immersion totale dans un environnement francophone, à la fois dans les cours et dans la vie quotidienne, permet des progrès spectaculaires en compréhension et en expression, à l’oral comme à l’écrit – des progrès qui seraient difficiles à atteindre en restant dans le cadre traditionnel d’une salle de classe.
Les visites d’entreprises locales et les rencontres directes avec des dirigeants et des dirigeantes d’entreprise leur donnent une compréhension concrète de la logique des affaires et des valeurs de la société québécoise, élargissant considérablement leur vision du monde.
En résumé, la valeur fondamentale de ce partenariat réside dans sa capacité à fusionner harmonieusement l’apprentissage linguistique, la formation commerciale, l’immersion culturelle et le développement personnel.
- Comment les étudiantes et étudiants perçoivent-ils leur expérience à Montréal, tant sur le plan académique que personnel ?
Les étudiantes et étudiants s’accordent généralement à dire que cette expérience a non seulement considérablement amélioré leurs compétences en français et leurs connaissances commerciales, mais a également eu un impact profond sur leur développement personnel. Toutes et tous ont eu l’occasion de vivre directement la culture urbaine et le mode de vie montréalais unique, tout en se liant d’amitié avec des jeunes venus des quatre coins du monde. Pour nombre d’entre eux, ce fut sans aucun doute un voyage formateur qui « a élargi leurs horizons et transformé leur façon de penser ».
Au cours de ce mois intensif d’apprentissage et de vie à l’étranger, les étudiantes et étudiants ont vu leurs capacités d’étude autonome et de vie indépendante se renforcer concrètement, prenant davantage conscience de l’importance de savoir résoudre les problèmes par soi-même. Parallèlement, les liens profonds tissés avec leurs camarades de classe de différentes nationalités n’ont pas seulement enrichi leur séjour à l’étranger, mais ont aussi, d’une certaine manière, jeté les bases d’un précieux réseau international pour leurs futures études et parcours professionnels.
- D’après votre expérience, quels éléments du programme favorisent le mieux l’intégration culturelle et la compréhension du milieu des affaires francophone ?
À mon avis, les éléments les plus déterminants comprennent :
- Les activités d’échange avec les étudiantes et étudiants locaux et la communauté
- Les visites concrètes d’entreprises
- Les discussions en classe s’appuyant sur des études de cas réels du Québec
Ces différentes approches permettent aux étudiantes et étudiants non seulement « d’apprendre le français », mais surtout « de réfléchir et de résoudre des problèmes commerciaux en français ». C’est précisément cette immersion qui leur donne accès à une compréhension authentique de la logique opérationnelle et du contexte culturel du milieu des affaires francophone.